J'ai vu il y a quelques semaines en stage un patient pour faire son observation.

Il avait la cinquantaine. Il venait d'arriver la veille dans le service, auparavant il était hospitalisé en chirurgie. Sa venue en Médecine Interne faisait suite à la découverte d'une cirrhose.

Notre chef de clinique ne nous donne aucune info sur les patients avant de nous envoyer les voir. Et c'était pour moi la première fois que j'allais seul voir un patient avec une telle histoire. Ce n'est assurément pas la dernière.

Le patient s'était fait rouler sur la jambe par un bus, et on n'avait pas réussi à la lui sauver. En plus de ça, pendant l'interrogatoire, je découvre qu'il s'est fait tiré une balle dans l'autre jambe, dans l'artère fémorale précisément, dans l'adolescence et qu'il présente de multiple fractures et cicatrices sur les bras et la main datant de la même époque. Il me dit qu'il n'a pas été à l'hôpital pour la plupart de ses blessures. "Ce sont des conneries de jeunesse..." me dit-il lorsque je lui demande dans quelles circonstances il lui était arrivé tout ça...
Il ne devait pas être un enfant de coeur celui là.
Pour couronner le tout, il est depressif (il a un traitement) depuis la mort de sa femme, il y a quelques années.

Il m'a dit boire énormement d'alcool. C'est la cause de sa cirrhose.

Ce patient a été adorable avec moi et m'a posé des questions sur mes études, mais il parait qu'il est aggressif avec les infirmière.

C'est impressionant de voir qu'à l'hôpital il y a des gens qu'on ne rencontre que là. Sans être asocial dans la vie de tous les jours, on ne rencontre pas ces gens en dehors de l'hôpital. Cet apprentissage de mon métier, pourtant à son commencement, m'ouvre déjà grandement l'esprit.