Cette année, l'organisation des stages dans ma fac a complètement changé. En effet, les 3e année sont en stage tous les matins toute l'année, comme les externes (4e, 5e, 6e années), mais sans être payés et sans avoir de garde sbien sûr. Nous avons donc à faire 3 stages de 3 mois. Le premier stage est un stage dit "de sémiologie" (l'étude des signes cliniques), les deux suivants seront des stages "d'externat". Nous avons la possibilité de faire un stage facultatif pendant l'été.

J'entame cette semaine ma 5e semaine de stage dans le service de neurologie de mon CHU. La démographie étudiante dans ce stage est assez impressionnante : 6 étudiants de 3e année, 3 de 4e, 3 de 5e, 3 de 6e, soit 15 étudiants au total.
Les 3e année sont répartis comme suit : 3 suivent le neurologue qui donne les avis neurologiques dans l'hôpital à la demande des autres services (principalement les urgences), et 3 sont en hospitalisation et suivent un externe (4e, 5e ou 6e année).

C'est ma dernière semaine aux avis neuro. J'ai vraiment adoré car nous apprenons beaucoup avec notre chef.
Tous les matins nous allions aux urgences puis nous passions dans les autres services si besoin.

Parmi les moments notables (pas les plus formateurs bien sûr !) :

- Un patient qui vient aux urgences car il a des fourmillement de l'hémicorps gauche et des bourdonnement d'oreille depuis 20 ans. Il vient seulement maintenant car cette nuit, ça l'a réveillé... 
- Un avis neuro demandé par les urgences pour une patiente qui est fatiguée, qui a une angine et qui a mal à la tête... à cause de son angine : conseil du neurologue : un bon café !
- Un patient qui a fait un AVC du tronc cérébral, plein de facteur de risque cardio-vasculaire, et qui ne veut pas être hospitalisé car il faut qu'il s'occupe de son chien... le patient est en plus alcoolique... c'est peut-être car il n'aura plus ses 2 bières et son quart de rouge qu'il ne veut pas rester !

Mais le summum ce fut cette dame avec une sclérose en plaque (SEP) en train de s'aggraver et qui dépasse un peu les compétences du service de médecine interne où elle est suivie en hôpital de jour habituellement. J'ai admiré la patience de notre chef pendant l'entretien !
La patiente, assez "bling-bling", travaille "dans la mode". Elle commence par râler d'être en présence de deux étudiants (pourquoi tu te fais suivre dans un hôpital universitaire si ça te dérange ?!). Elle refuse ensuite le traitement par interferon car on lui a dit que c'était pas bien... Alors, notre chef lui propose les médicaments de deuxième ligne, mais après le passage d'une IRM pour voir où en sont les lésions : Pas question !! Elle a failli tout casser la dernière fois ! C'est trop horrible ces machines où on se sent enfermer ! Elle accepte finalement l'examen s'il est réalisé dans une machine ouverte (pour patients obèses ou claustro).
Enfin, l'examen clinique... on se fait engueuler car on lui fait mal en lui testant la sensibilité algique avec la pointe de notre marteau (et oué... sensibilité algique... on doit faire mal...c'est fou, non ?).
On remarque une rigidité très forte de la patiente, due à sa maladie, mais non rééduquée... d'où une rétraction des tendons qui aggrave encore plus sa marche... Elle s'est engueulé avec tous les kinés de son département ... Finalement, elle accepte un rendez-vous avec un médecin rééducateur, spécialiste de la SEP, mais refuse une hospitalisation de 3 semaines de rééducation dans la clinique de ce médecin (ce qui lui rendrait pourtant une partie de sa mobilité !) sous prétexte qu'elle a un sale caractère et qu'on la supportera pas... Je te le fais pas dire !!!